26 octobre 2008
Quelle réforme de la formation des enseignants ?
Depuis quelques semaines, le gouvernement et son chef, Nicolas Sarkozy communiquent énormément sur la revalorisation du métier d’enseignant et sur la « réforme » des concours permettant d’y arriver. D’ores et déjà, plusieurs annoncent ont été faites, notamment la « masterisation » des formations d’enseignants, en repoussant les concours de recrutement à la fin d’un master 2. Selon les annonces, la formation des professeurs des écoles (PE) ne devrait pas être modifiée en profondeur (elle sera un peu occultée par la suite) mais celle des enseignants de collèges et lycées (PLC) et de lycées professionnels va être bouleversée.
Le système actuel.
Aujourd’hui, la formation des professeurs des écoles, collèges et lycées est dispensée par les IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres). Elle est découpée en deux ans après la licence.
La première année qui est la préparation au concours (CAPES, CAPLP, …) permet aux candidats d’obtenir un « bon » niveau disciplinaire afin de maîtriser leur discipline pour l’exercice de leur futur métier, très souvent dispensée par des universitaires. Cependant cette première année reste très éloignée des réalités du terrain, les formations didactiques, pédagogiques ou sur l’Ecole en général ne sont que trop peu présentes dans la formation car trop peu évaluées dans les concours. Le contact avec les élèves se limite en cette première année à un stage de pratique accompagnée dans la classe d’un professeur titulaire d’une durée d’une semaine en général.
La deuxième année, dont l’unique prérequis est le concours (CAPES, CAPLP, Agrégation, …) est organisée en deux parties, durant cette deuxième année, les titulaires des concours de l’enseignement ont le statut de fonctionnaire stagiaire et sont donc rémunérés en conséquence. La première partie de cette deuxième année est un stage en responsabilité, le jeune enseignant doit effectuer un service de 6 à 8 heures hebdomadaires dans un établissement, il est un d’enseignant à part entière mais est en étroite relation avec un tuteur. Il faut noter que le volume horaire en responsabilité a augmenté de 2h à la rentrée 2007 soit environ 33%. La deuxième partie de la formation se déroule dans les IUFM, on y retrouve une formation didactique, épistémologique et historique de la matière enseignée, on y retrouve aussi une formation didactique générale interdisciplinaire, une série de formations sur l’Education Nationale et son fonctionnement ; on retrouve surtout cette année là une formation d’ « apprentissage professionnel », qui essaie de se coller au plus près des problèmes rencontrés par les stagiaires au cours de leurs séances, de revenir sur ce qui a fonctionné ou non, … Il existe aussi un stage de pratique accompagnée cette année là, un peu plus long (36h réparties sur 2 mois environ). La deuxième année est l’occasion de suivre « ses » élèves pendant un an et de profiter de l’expérience d’autres enseignants.
Révolution pédagogique ?
Le nouveau système, qui rentrera en application dès la rentrée 2009, nous est présenté comme révolutionnaire pour la formation des enseignants. Les nouveaux concours pour les PLC, PE, PLP, CPE, (…) ne se dérouleront plus l’année après la licence, qui était jusqu’ici le seul prérequis pour pouvoir s’y inscrire mais l’année du M2 (Master 2, bac+5), le nouveau prérequis sera donc un M1 (bac+4), la réussite au concours étant elle même subordonnée à l’obtention du Master. Le statut de fonctionnaire stagiaire disparaîtrait, il ne serait donc plus question pour un étudiant dans l’année du bac+5 de prendre en charge des élèves.
Ce système révolutionnaire, va permettre de former des enseignants qui, le jour de leur première rentrée, n’auront non seulement jamais eu la responsabilité d’élèves mais ils n’auront pas non plus l’accompagnement théorique nécessaire lors des premières années de pratique.
C’est cependant une révolution économique, les actuels fonctionnaires stagiaires touchent un salaire que ne toucheront plus les futurs M2. L’Etat va donc économiser 1350€*12mois*24000stagiaires soit environ 400 millions d’euros. Une fois de plus, notre gouvernement ne fait pas le choix de la révolution pédagogique mais fait bien le choix du moindre coût.
Des pistes à explorer, des propositions que nous faisons.
Cette réforme qui est loin d’être idéale pose tout de même des questions fondamentales sur l’avenir de la formation des enseignants.
La première est celle de l’agrégation, l’agrégation est un concours de l’enseignement qui n’est accessible qu’avec un bac+4, c’est un concours qui forme une catégorie de « super-profs », dont le salaire est supérieur à celui d’un certifié (ayant obtenu le CAPES), alors que le volume horaire est près de 20% inférieur (15h contre 18h), une sorte de « travailler moins pour gagner plus ». Dans le nouveau système, avec le CAPES à bac+5, l’agrégation n’aurait plus lieu d’être. La proposition que nous faisons est donc de supprimer l’agrégation, concours dont les lauréats suivent exactement la même formation professionnelle que les lauréats des autres concours.
La deuxième idée lancée par cette réforme est celle de la revalorisation du métier d’enseignant par la « masterisation » de sa formation. Actuellement, comme on peut le voir sur le schéma ci-dessus, la formation dure déjà 5 ans, depuis l’an dernier les IUFM sont intégrés aux universités, ils ont donc la capacité de délivrer des masters. Nous proposons donc que la formation des enseignants soit « masterisée », mais pas n’importe comment :
- Par la création d’un master professionnel « Métiers de l’éducation », le master professionnel généraliste sera basé d’abord sur la formation de l’enseignant et non prioritairement sur la formation d’un enseignant de telle ou telle discipline. Les candidats aux concours ont précédemment obtenu une licence, preuve qu’ils ont déjà acquis un niveau disciplinaire non négligeable au vu de la méconnaissance générale de l’Education Nationale et des techniques d’enseignement.
- La première année serait à dominante disciplinaire, dans laquelle serait intégrée dans une plus grande proportion qu’actuellement : des formations didactiques, sur le métier d’enseignant, des stages d’observations plus fréquents, … L’accès à la deuxième année se ferait par l’obtention du concours.
- La deuxième année serait conçue autour de trois objectifs, le premier un stage en responsabilité dans un établissement ne dépassant pas 6h hebdomadaire (le stage doit rester une formation et non une variable d’ajustement pour compenser les suppressions de postes), l’étudiant aurait le double statut étudiant/fonctionnaire stagiaire et la rémunération qui lui est due. Le deuxième serait un cycle de formations dispensé par des enseignants à la connaissance du terrain vérifiée. Ces formations doivent être disciplinaires, transversales, didactiques, historiques, (…) mais surtout elles doivent être efficaces. Le reproche qui est souvent fait aux IUFM est le manque de connaissance de la réalité des choses par les formateurs, les formateurs qui enseignent dans les écoles, collèges ou lycées seront les « meilleurs », les plus à même à comprendre la réalité de ce que peuvent vivre les jeunes enseignants. Le troisième point de cette formation serait la réalisation d’un mémoire professionnel, permettant d’avoir un recul, un esprit critique sur sa pratique du métier d’enseignant. L’enseignant serait titularisé à l’issue de la validation de son master 2.
- La formation des enseignants étant un sujet sérieux, ce sont eux qui forment les sociétés de demain, le futur Master « Métiers de l’éducation » doit être cadré nationalement avec un socle d’exigences bien défini. Le métier d’enseignant ne possède pas de spécificités locales, tout enseignant peut dans sa carrière enseigner n’importe où, le cadrage national sera le gage d’une uniformité des formations sur le territoire afin d’éviter les disparités locales pouvant être liées au financement ou au bon vouloir de présidents d’Université localement.
- La « mastérisation » de la formation des enseignants devra s’accompagner, pour les lauréats du concours, de la rémunération que ceux-ci méritent après obtention d’un bac+5. Aujourd’hui encore les enseignants sont les cadres de la fonction publique les moins bien payés, avec la dégradation des conditions d’enseignement (dégradations matérielles, augmentation du nombre d’élèves par classe, augmentation du volume horaire avec l’envolée des heures supplémentaires, …), cette situation ne peut plus être tolérée dans un pays qui respecte ses formateurs et ses générations futures.
13:58 Publié dans CAPES, Enseignement supérieur, Prof et élèves | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lycée, collège, formation, enseignants
14 août 2008
100 balles et un mars
500€ la claque ...
Il y a quelques temps, un prof giflait un élève qui l'avait traité de "connard" en plein cours. Le père, gendarme, de l'enfant a bien évidemment porté plainte face à ce "déferlement de violence". Le jugement vient d'être rendu, le prof en question est condamné à une amende de 500€.
Insulte ton prof il paiera 500€.
Je trouve pour ma part cette décision totalement scandaleuse, le geste du prof a beau être répréhensible (un prof ne doit pas frapper un élève), cette décision légitime l'insulte proférée par l'élève. Après l'incitation du site note2be à noter les profs, cette décision incite désormais les élèves à insulter leurs profs.
Tristesse et espoir…
Il faut aussi souligner deux-trois points, tout d'abord l'attitude du père de l'enfant qui ose porter plainte alors que son fils traite son prof de "connard". Ce monsieur qui fait partie des forces de l’ordre, qui est censé éduquer les français à se respecter les uns les autres n’est pas capable d’enseigner des préceptes élémentaires de respect d’autrui à son fils. Que se serait-il passé si ce monsieur avait traité de « connard » un colonel ou un général ? Cette affaire montre l’irrespect général envers les profs.
La seule bonne nouvelle dans cette affaire, c’est que l’enfant n’est pas retourné au collège, l’ensemble du collège, élèves, profs, parents d’élèves, … ont pris position contre cette attitude inqualifiable d’un fils et de son père complice. Ces attitudes montrent finalement que rien n’est perdu…
Ce qui devait arriver, arriva…
Un gendarme est un fonctionnaire comme un prof, lorsqu’un prof se fait insulter et met une claque il est condamné, que se passe-t-il si un gendarme se fait insulter dans la rue ? On voit ici la distinction faîte entre les fonctionnaires…
Depuis plusieurs années déjà, la condition des enseignants se dégrade, le métier est dénigré par nos dirigeants qui diminuent les salaires des profs, par les médias et nos dirigeants qui donnent une image de fainéants des profs toujours en grève alors qu’ils ne font que 18h par semaine et ont 2 mois de vacances l’été, quand on dit qu’il y a trop de profs qui ne servent à rien et donc on supprime des postes… Alors oui quand on donne des images dégradantes, les personnes faibles et ignorantes viennent à croire que les profs ne sont pas respectables. Depuis des années on crée les conditions pour que de telles situations arrivent.
Toujours la prévention…
Donnons à l’Education Nationale les moyens de prévenir ce genre de situations, en créant des postes d’assistants d’éducation, des postes d’enseignants, d’assistantes sociales, de conseillers principaux d’éducations, de conseillers d’orientation psychologues… Il faut aussi que les fédérations de parents d’élèves fassent aussi ce travail, un parent ne peut pas avoir de telles attitudes. Malheureusement, l’attitude de notre gouvernement ne va pas en ce sens. Les profs sont là pour aider les élèves dans leur développement, pas pour se faire insulter, personne ne mérite de se faire insulter de la sorte.
Seul un effort collectif de l’ensemble de la communauté éducative (à l’école et hors de l’école) ainsi que de nos dirigeants permettrait d’enrayer cette escalade.
17:33 Publié dans Prof et élèves | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : claque, enseignant, education nationale, condamnation, insulte, gendarme
03 juin 2008
24 ans, jeune prof, jeune élu.
Jeune prof de 24 ans, stagiaire en Physique-Chimie dans un collège de l’Hérault, j’ai aussi été élu conseiller municipal de la commune de Grabels, (Commune de 6000 habitants, limitrophe au nord ouest de Montpellier) le 16 mars dernier. Durant ce même mois de mars, l’Education Nationale m’a annoncé ma mutation dans l’académie de Versailles rendant plus que difficile l’exercice conjoint de mon emploi et de mon mandat électif. Afin de pouvoir les mener de front, j’ai demandé à M. Darcos, Ministre de l’Education Nationale une mise à disposition provisoire auprès du recteur de l’académie de Montpellier pour la rentrée prochaine, ce qui vient de m’être refusé.
Les mutations, un piège pour les nouveaux enseignants.
L’année de stage est la première année dans l’Education Nationale pour les néo-fonctionnaires, elle est aussi l’occasion d’apprendre beaucoup sur la complexité des systèmes qui régissent cette administration. Chaque fonctionnaire stagiaire est obligé de participer au mouvement inter-académique de mutation.
Les mutations sont basées sur un système de points qui prend en compte l’ancienneté, l’échelon, les mariages/PACS, … Un jeune enseignant non marié ou pacsé, sans enfants, (…) avec le minimum de points a toutes les chances d’être muté dans les académies de la banlieue parisienne. Il existe cependant un bonus pour les sortants de l’IUFM, à première vue bonne nouvelle pour les jeunes enseignants, mais le système n’est pas si simple, ce bonus est utilisable une seule fois au cours des trois premières années d’exercice, c’est un vrai piège, l’utiliser dès le début est jeu de loterie.
Cinq mois de délai, la lenteur de la machine administrative.
Au delà de la complexité de ce système de mutations, le plus difficile à gérer et le délai. Dans l’Education Nationale, les vœux pour le mouvement inter-académique se font au mois de novembre, seulement deux mois après la rentrée, seulement deux mois après une rentrée agitée pour les débutants que nous sommes. En faisant un calcul simple, il faut attendre cinq mois après les vœux pour connaître son affectation, délai bien plus long qu’une campagne électorale.
Les élections municipales, la démocratie au plus près des citoyens.
« La commune est le berceau de la république car c'est le lieu où s'exprime le mieux la volonté du peuple souverain »
A elle seule, cette phrase reprise par René Revol, maire de Grabels, lors de son discours d’investiture résume bien ce qu’est l’élection municipale. L’élection dans la commune, plus petite collectivité territoriale et le premier espace de démocratie pour les citoyens, pour un problème, les habitants ne vont pas à l’Elysée ou à Matignon, mais à la mairie. Les citoyens portent à la mairie des personnes dans lesquelles ils ont confiance, dans lesquelles ils se reconnaissent, dans lesquels ils croient pour améliorer leur vie quotidienne. C’est tout cela, la démocratie communale, alors Monsieur le ministre ne m’empêchez pas d’accomplir la tâche que m’ont confié les grabellois, ne m’obligez pas à trahir la confiance qu’ils ont placé en notre équipe, vous avez ce pouvoir.
Monsieur le ministre, vous avez été élu municipal, vous l’êtes toujours, songez à votre réaction si vous étiez à ma place, qu’on vous empêchait de mener votre mandat à son terme.
Les jeunes engagés, une espèce en voie de disparition.
A 24 ans, je suis le plus jeune conseiller municipal de Grabels, et au delà je représente une génération, une génération qui si elle n’est pas considérée à sa juste valeur, rejette tout engagement et cède trop souvent au corporatisme. Je représente une génération née avec le 21 avril 2002, une génération avide de démocratie et de justice sociale, une génération ignorée qui a pourtant envie de croire en un futur meilleur. Monsieur le ministre, je représente bien plus qu’un simple conseiller municipal, je représente cette jeunesse qu’on ne laisse pas mener à bien ses projets, je représente cette jeunesse qui croit encore en la République, qui croit encore au respect du peuple souverain, qui croit encore au respect de la démocratie.
Un engagement socialiste ?
Six ans après l’élection présidentielle qui a vu la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour, mon engagement à gauche, profondément socialiste, n’a jamais été remis en cause. Je ne partage pas la même vision de la société que vous, je ne partage pas les mêmes convictions que vous, je ne partage pas les mêmes valeurs que vous, mais s’il y a quelque chose que nous avons en commun, c’est le respect de la démocratie, de la République. Même si nous ne sommes pas aujourd’hui du même bord politique, vous avez été élu par le suffrage universel, j’ai été élu par le suffrage universel et la décision que vous allez prendre montrera le cas que vous faîtes de la parole des urnes, de l’expression du peuple souverain.
La démocratie en sortirait grandie
Monsieur le ministre, loin de moi l’idée de me soustraire aux règles communes, je souhaite juste pouvoir exercer à la fois mon métier d’enseignant et assumer le mandat que m’a confié le suffrage universel. Votre décision sera le témoin que le respect de la démocratie et du peuple sont plus importants à vos yeux qu’une simple décision administrative. Vous avez le pouvoir de me permettre de faire mon métier tout en exerçant, à proximité, les responsabilités que m’ont confié les citoyens, usez-en afin de redonner à la démocratie ses lettres de noblesse.
Clément Vernédal
15:00 Publié dans Prof et élèves | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : education nationale, montpellier, versailles, iufm, mutation, gauche, droite
15 avril 2008
Adieu école
Deux vidéos qui montrent bien aujourd'hui le pourquoi et le comment de la mobilisation des lycéens. Face à la volonté du gouvernement en place depuis six ans aujourd'hui de diminuer le nombre de fonctionnaires donc d'enseignants la mobilisation est primordiale.
Comme je l'ai déja dit il y a quelques mois dans un précedent article (encore visible vu la fréquence à laquelle j'écris en ce moment) la diminution du nombre de fonctionnaires est une catastrophe et entre autres dans l'éducation nationale.
Moins de profs =>
-Moins d'heures de cours donc moins de choses abordées donc niveau moyen en baisse sauf pour ceux qui pourront payer des compléments.
-Moins de classes donc plus d'élèves par classe donc suivi réduit des élèves donc echec accentué des élèves sauf pour ceux qui pourront payer des compléments.
-Plus d'heures supplémentaires pour les profs (je rappelle juste qu'une heure sup est moins bien payée qu'une heure normale pour un prof) donc des professeurs plus stréssés, plus fatigués, moins efficaces donc echec des élèves sauf pour ceux qui pourront se payer des compléments.
-Suppression des matières non obligatoires, latin, grec, allemand, italien, portugais, russe, musique, arts plastiques, options scientifiques, ... donc moins de possibilités de se cultiver et d'élargir leurs centres d'interet donc de réussite sauf pour ceux qui pourron se les payer en complément.
Globalement, quoiqu'il arrive, si cette tendance se poursuit, seuls ceux qui pourront se payer des cours particuliers finiront par réussir. On est en train de démonter l'ascenseur social pour le vendre au plus offrant.
Il est toujours possible de faire grève vu que la droite laisse entendre que les jours de grève ne seront plus payer, mais les jours de grève ne sont pas payés !! On pourrait même dire que les grévistes payent pour faire grève.
Pour exemple j'ai été gréviste le 24 janvier, j'ai donc eu une retenue de salaire de 56,82€ (et je suis au bas de l'echelle !!)
17:13 Publié dans Prof et élèves | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : darcos, education, mort, lycée, college, école
22 janvier 2008
Pourquoi je ferai grève le 24 janvier.
Le 24 janvier se profile la seconde grève dans l’éducation nationale depuis l’élection de notre cher président Nicolas Sarkozy. Je veux donner quelques explications quant aux raisons qui me poussent à participer à cette grève.
Le chanoine Sarkozy sacrifie l’école de la République
Depuis l’arrivée de la droite au pouvoir il y a maintenant 5 ans et demi, les recrutements dans l’éducation nationale sont en chute libre, les fonctionnaires ne sont pas remplacés.
La fonction publique est sacrifiée sous couvert d’une politique, non pas moderne mais tout à fait dogmatique, le dogme libéral est bien synonyme de régression sociale.
J’en reviens au sujet de départ, qu’entraînent et vont entraîner la suppression de tous ces postes de personnels enseignant et non enseignant. Deux solutions vont s’offrir à nos dirigeants, la première est celle qui est mise en place actuellement, la deuxième est celle préconisée par certains rapports à connotation dogmatique forte.
Première solution : le nombre d’enseignants diminue, le nombre d’élèves non, les enseignants vont donc faire plus d’heures, le nombre d’heures supplémentaires allouées aux établissements pour la rentrée prochaine explose !! Les heures supplémentaires ne comptant pas pour le calcul des retraites, cette vision ne peut-être qu’à court terme pour l’enseignant crédule qui croit y gagner. Les profs en plus de leur service vont accumuler les heures supplémentaires, or au vue de la difficulté du métier, la qualité de l’enseignement se verra réduite par la fatigue physique mais aussi psychologique de l’enseignant.
Deuxième solution : le nombre d’enseignants diminue, le nombre d’élèves non, le volume horaire des élèves va donc diminuer. Si le volume horaire des élèves diminue, chaque prof aura donc plus de classes à charge. Le système français est déjà en retard de près d’un an sur certains pays européens, on choisit donc de diminuer le volume horaire d’élèves déjà en retard, on est en train de faire à l’enseignement secondaire ce qui plombe déjà l’enseignement supérieur, diminuer l’encadrement. L’enseignant ayant plus de classes, il aura plus d’élèves et donc moins de temps pour assurer un suivi le plus individualisé possible.
Conclusion : contrairement à l’avenir de l’éducation nationale, l’ambition gouvernementale est très claire. Ces deux solutions mènent tout droit à une mort certaine de l’enseignement public, gratuit et laïque de qualité. La sécurité sociale a déjà pris cher avec les déremboursements et autres franchises médicales, on s’attaque aujourd’hui à un autre pilier de l’égalité républicaine. Demain, n’auront accès à un enseignement de qualité, que ceux qui pourront payer pour avoir un encadrement suffisant, la sélection sociale est en marche.
Travailler plus pour gagner moins
Question plus futile, le grand slogan de campagne de Nicolas Sarkozy était « Travailler plus pour gagner plus ». En tant que patron de l’état, il aurait dû être le premier à appliquer cette méthode, or il en est tout autrement. Les fonctionnaires stagiaires, l’an dernier devaient, en plus du mémoire, réaliser un stage de 4 à 6h hebdomadaires face aux élèves, il est passé de 6 à 8h cette année, soit une augmentation de 33% minimum, avec le travail qui va avec pour un enseignant sans expérience. Le volume horaire des formations à l’IUFM a augmenté sur l’année scolaire. La mise en place d’un portefeuille d’échange a aussi alourdi la tâche des jeunes enseignants.
Conclusion, la paye des stagiaires devrait augmenter en conséquence, or ce n’est pas le cas, les stagiaires sont restés au même salaire que l’année dernière. « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. »
Investir pour l'avenir
Beaucoup de mes collègues me disent qu’ils ne feront pas grève pour ne pas perdre une journée de salaire. Certes je perdrai une partie de mon salaire (je donnerai le chiffre prochainement pour bien montrer que les jours de grève ne sont pas payés !!) mais si tout le monde le faisait, si tous ensemble on pouvait sauver l’école en péril aujourd’hui, eh bien oui je suis prêt à perdre un jour. Un enseignant qui aime ce modèle d’égalité sociale qu’est l’éducation nationale ne peut pas accepter ce qu’on lui fait subir et doit faire grève.
En perdant une partie de mon salaire que je n’épargnerai pas ou que je ne placerai pas en bourse, j’espère que je le regagnerai plus tard quand je n’aurai pas à payer les cours particuliers de mes enfants. Une journée de grève aujourd’hui peut être un placement à long terme, nous devons tous y penser avant qu’il ne soit trop tard.
21:05 Publié dans Prof et élèves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grève, éducation nationale, sarkozy, égalité républicaine, travail, fatigue
18 octobre 2007
Premières perles ...
Depuis la rentrée, je suis prof de Physique-Chimie au collège de Magalas, près de Béziers (34), et comme mes élèves ne dérogent pas à la règle, je commence à avoir de belles perles.
Exercice sur la quantité de dioxygène dans l'air au niveau de la mer, au sommet du Mont Blanc et au sommet de l'Everest
"L'ascension du Mont Blanc se fait sans aide respiratoire car il n'y a que 10 litres d'écart par rapport au niveau de la mer, alors que pour l'Everest, il y a 14 d'écart et il y a moins d'écart entre les mètres" !!
Probablement à cause de la pression qui diminue!!!
"Quand l'altitude du niveau de la mer est faible, la quantité de dioxygène est élevée, et quand le sommet du Mont Blanc est élevé, la quantité de dioxygène est faible"
Et quand le niveau de la mer est plus élevé que celui du Mont Blanc, peut-ou respirer?
"Quand la valeur est à 0m d'altitude, la quantité de dioxygène est énorme, mais plus on monte en altitude, moins la valeur de dioxygène est moins énorme"
En tout cas sa note a pas été énorme...
Pourquoi l'atmosphère est indispensable à la vie sur Terre?
"L'atmosphère est indispensable car sinon tout serait en apesanteur et on ne pourrait pas cuisiner ni boire donc pas vivre."
C'est pas faux et on tient combien de temps en apesanteur sans manger ni boire?
Pour celle là il fallait décrire une expérience pour savoir si la peinture contient de l'eau...
"S'il y avait de l'eau dans la peinture, ça serait de la soupe"
Liebig et Ripolin, nous c'est le goût !?!
Voilà les premières perles qui m'ont frappé, j'ai corrigé beaucoup de fautes d'orthographe dans ces 5 réponses. Je pense qu'à ce rythme là au bout de 20 ans de carrière je devrais pouvoir publier un sacré bouquin!!!
22:20 Publié dans Prof et élèves | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : perles, physique, chimie, collège


