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25 novembre 2008

Le PS a la gueule de bois.

Je suis un peu amer aujourd’hui. Au lendemain du 2e tour du vote pour le premier secrétaire national du Parti Socialiste qui sonne la fin de son 75e congrès, tout un parti a la gueule de bois. Martine Aubry arrive en tête avec 42 voix d’avance sur plus de 100 000 votants soit environ 0,04%. Le constat est pour moi très clair, on est dans l’impasse.

Le camp Royal refuse de s’avouer vaincu en dénonçant des fraudes notamment dans les fédérations du Nord et de Seine-Maritime, paradoxe quand on sait que le camp Royal peut s’appuyer sur le soutien de sulfureuses fédérations du sud de la France.

L’illusion Royal.

Cette défaite est bien celle de Ségolène Royal qui n’a pas réussi à rejouer le coup médiatique de la désignation du candidat à la présidentielle, qui fait de la politique avec des métaphores, qui s’approprie Jaurès…

Cette défaite est celle d’une personnalité politique présente depuis plus de 25 ans mais qui essaye de faire croire qu’elle représente le renouvellement du Parti Socialiste. Mais cette défaite est bien celle d’une orientation vers un parti de supporters au détriment du parti politique. Cette défaite est celle du moins disant politique dans un parti dont la plupart des sections ne fait plus de politique et boit les parole d’un secrétaire de section, d’un baron local qui déclame sa ligne sans laisser la réflexion à chacun.

L’échec Aubry.

Malgré ses 42 voix d’avance, Martine Aubry est aussi une perdante de ce congrès, ce score plus que serré montre qu’elle n’a pas su représenter le renouvellement idéologique et qu’elle n’était en aucun cas le candidat idéal au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste.

Ce score serré n’est pas non plus annonciateurs de jours heureux à la tête du Parti Socialiste et je souhaite bien du courage à Martine Aubry pour conduire une politique ambitieuse et rassembleuse.

L’adieu au renouvellement.

Ce score montre que personne n’a incarné le renouvellement tant idéologique que générationnel lors de ce second tour. Ces deux candidatures quoi que chaque camp en dise sont dans la droite lignée des erreurs de la direction sortante et ne sont en ancun cas un signe de renouveau du Parti Socialiste, un signe d’espoir pour tous les militants, pour tous les français.

Nul n’ignore que j’ai soutenu Benoit Hamon, ce score me confirme donc que j’avais raison, c’est lui qui portait le seul projet novateur pour ce parti, qui représentait le renouvellement idéologique. C’est aussi le seul qui portait le renouvellement générationnel, l’espoir de voir un jour changer la sociologie de ce vieux parti.

Mélenchon se la joue perso.

Et si celui qui avait raison depuis le début c’était Mélenchon ? Ce parti ne changera peut-être jamais et il faudrait peut-être le quitter !! Malheureusement je pense que le comportement de Mélenchon d’annoncer son départ à la suite du vote des motions en plantant un couteau dans le dos d’un Hamon sur la pente ascendante a montré qu’il ne voulait pas rassembler la gauche du PS.

Mélenchon aurait voulu créer un parti en rassemblant l’ensemble de la gauche y compris la gauche du PS, il aurait préparé son départ avec les personnes concernées pour tenter de former une force politique d’opposition et de proposition claire, revendicative et surtout crédible. Il se la joue perso et non collectif…

Courage politique.

Si Martine Aubry arrive à être officiellement premier secrétaire du Parti Socialiste, elle aura besoin d’un sacré courage politique. La première chose qu’elle se doit de faire, c’est d’exclure Manuel Valls. Oui, il y en a marre de ce gars qui sert chaque semaine la soupe à Sarkozy, « pas de tabou sur l’allongement de la durée de cotisation », « le travail du dimanche est une bonne idée », …

Manuel Valls n’est pas socialiste, il n’est pas socialiste et quand je l’ai vu tout à l’heure au 13h de TF1 cracher sur le vote des militants socialistes il m’a encore plus persuadé. Celui qui criait haut et fort qu’il fallait respecter le vote des militants socialiste lorsque Ségolène Royal gagne le refuse lorsqu’elle perd. Il fait partie de ces hommes qui sont nuisibles au Parti Socialiste et qui tueront la gauche, j’en appelle solennellement à Sarkozy de prendre Manuel Valls au gouvernement.